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Mastering puppet + Liam Wang

le Jeu 13 Oct - 16:18
Mastering puppet
We all are puppets, some just see the strings ••• C'était chaque jour différent, ici. Ici, où ? A Wonderland. Sören était dans cet endroit depuis un moment maintenant. Tant qu'il en avait perdu le compte. Un mois ? Un an ? Peut-être plus, sans doute. Tout était meilleur pour lui dans ce monde. Il ne se mêlait que de ce qui le concernait, vagabondait où bon lui semblait sans avoir la moindre responsabilité à endosser. La liberté qu'il recherchait dans son monde avait finalement été bien cachée, bien enfouie par ici. Mais Sören l'avait trouvé. Et il ne la quitterait probablement jamais - du moins l'espérait-il.

Aujourd'hui, il avait besoin de récupérer quelques matériaux pour la confectionner de ses marionnettes. C'était facile de s'en procurer dans ce monde, la forêt entourait le royaume du trèfle et de nombreux champs s'étendaient à perte à vue. Finalement, cet endroit ressemblait un peu à l'époque dans laquelle vivait précédemment Sören. Sauf qu'à l'inverse, ici il agissait comme bon lui semblait sans se préoccuper du reste. Et ce qui occupait beaucoup son temps, c'étaient donc ses fameuses marionnettes.

S'il gambadait dans les champs ce matin-là, c'était pour récolter les premières pousses du blé. Comme le temps changeait souvent, les pertes étaient fréquentes alors il fallait se lever tôt et réussir à attraper le tout avant les fermiers. Néanmoins, à force de le croiser, certaines personnes laissaient derrière elles quelques tiges. Sören ne les remerciait pas par des mots, mais plutôt par des gestes respectueux. Par exemple, il ne s'aventurait pas au-delà d'une certaine limite. Tout le monde y trouvait son compte.

Ses cheveux noirs mi-longs s'élevaient derrière lui, dans la fraîcheur matinale. Bien qu'il soit petit, il était assez rapide. Ce n'était pas pour rien qu'on l'appelait l'Enfant-Chat, dans sa jeunesse, dans son « ancien monde » tel qu'il le surnommait. Ici et là, fugace, rapide et plutôt agile, le garçon se déplaçait avec une aisance qui lui était propre. Il connaissait son chemin, alors ce n'était pas bien compliqué pour lui de s'y rendre. Un instant, il se stoppa, les oreilles aux aguets du moindre bruit qu'il ne connaissait pas. Il leva le visage vers le ciel ; est-ce que quelque chose le traversait ? Il n'aurait su l'expliquer.

Ce fut donc sa curiosité qui l'emporta sur sa recherche première. Il s'aventura silencieusement vers une touffe d'herbe qui se situait qu'à quelques pas de lui. Là, il s'accroupit derrière, apercevant un homme assis par terre. Il fronça les sourcils, ignorant qui il était. Il ne l'avait encore jamais vu dans les parages. Était-il un espion de la Reine de Cœur ? Qui que ce soit en tout cas, il n'avait pas tout à fait l'air de savoir où il avait mis les pieds. Pendant quelques secondes, Sören demeura tapis là, l'analysant sans trop savoir pour quelle raison il ne bougeait pas.

Finalement, il décida de s'en aller, de ne pas s'approcher de cet inconnu. Il repartit comme il était venu, sans faire le moindre bruit et se hâta de rejoindre son coin de blé. Là, il déracina ce qui l'intéressait et s'assit sur un rocher, en tailleur, pour sortir l'une de ses marionnettes de son sac en toile. Il voulait absolument la terminer pour quelle prenne place dans sa collection qui s'agrandissait de jour en jour. Avec toute la concentration dont il pouvait faire preuve, il s'attela donc à lui confectionner une belle chevelure dorée. En même temps, il fredonnait une chansonnette qu'il avait inventée.

« Prends la vie, prends la vie
Marionnette, tu n'es pas
Prends la vie, prends la vie
Marionnette, un homme tu deviendras
»

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Dernière édition par Katô Sören le Ven 11 Nov - 12:46, édité 1 fois
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Re: Mastering puppet + Liam Wang

le Mar 18 Oct - 3:57
Il y a déjà quelque temps que je suis arrivé à, comme les gens d'ici nomment leur contrée, Wonderland.  Pourtant, on ne peut pas dire que je me sois très bien adapté à la vie dans cet endroit curieux et surtout tout sauf normal.  Même si j'ai fait quelques rencontres ici et là, on ne peut pas dire que je me sois entouré d'amis, encore moins d'alliés.  Je ne sais pas trop ce que je peux faire ici.  On ne me considère pas comme un être comme tous les autres, loin de là…  Limite je suis même spécial, incroyable.  On me trouve un charme inné, tout le monde se sent attiré par moi.  Pourtant, aucun d'entre eux ne me connaît.  J'aimerais comprendre un peu, mais il n'y a pas de manière de faire mieux que vivre au jour le jour, jour qui peut être si court et si long.  C'est loin d'être la seule anomalie que j'ai remarquée ici, mais personne ne prend vraiment le temps de m'expliquer quoi que ce soit.  J'ai essayé de m'aventurer un peu ici et là, mais j'ai vite remarqué que je n'étais pas le bienvenue sur certains territoires.  Il me semble que c'est dû à quelques querrelles dont je ne connais pas très bien les causes, mais au-delà de cela, tout est si flou.  Là où j'ai réussi à me loger et me nourrir correctement semble être un village de paysans.  Beaucoup d'entre eux se lèvent tôt le matin pour aller aux champs alors que les autres s'occupent de boutiques artisanales où l'on cuit du pain, prépare du beurre, raccomode de vieilles chaussures, etc.  Personne ne manque d'occupation sauf moi semblerait-il.  Il semble que d'autres gens de mon « espèce » sont à Wonderland aussi, mais je ne sais trop ce que cela signifie, ni même si c'est une bonne chose.  Je n'en ai toujours pas rencontré en tout cas.  Je ne sais pas s'ils pourraient m'aider à mieux comprendre l'univers dans lequel je me trouves alors.

Ce matin, je parti de bonne heure pour voir un peu du pays, chercher quelque chose à faire.  La forêt me semblait être une bonne idée, mais j'aurais peut-être mieux fait de m'en tenir aux champs.  La ballade me paraissait douce et paisible.  J'ai eu la malchance de faire la rencontre de personnes mal intentionnées, ce qui a résulté en une course éperdue pour sauver ma vie dans les bois.  Je ne sais pas comment j'ai réussi à m'échapper, peut-être suis-je plus malin que ces gros bras, peut-être n'avaient-ils pas vraiment de cervelle non plus.  Ou peut-être tout simplement qu'ils n'osaient pas s'aventurer dans les champs.  Enfin, l'important c'est d'être toujours en vie.  Sauf que j'étais désormais égaré et je n'avais aucune idée de comment je pourrais rentrer à la maison.   Je m'écroulai sur une roche poussiéreuse parmi les pousses de blé le temps de reprendre mon souffle : je n'ai jamais été un grand amateur de sport, alors ma fuite aurait due être vouée à l'échec.

Au bout d'un moment, ma respiration reprend un rythme régulier et je peux me concentrer sur ce qui m'entoure.  Apparemment je suis assis dans un champ de blé éloigné de tout être vivant excepté quelques oiseaux rapidement chassés par les épouvantails.  Je ne me suis jamais aventuré aussi loin dans les champs et m'a course m'a complètement désorienté.  Néanmoins, je ne peux pas rester là, la nuit risque de bientôt tomber avec ma chance.  Je ne crois pas pouvoir m'adapter un jour à cette absence totale de repères temporels.  Pas très loin, j'entends une voix s'élever.  Elle chantonne je ne sais trop quoi, en tout cas rien que je n'ai jamais entendu et je pense qu'il est juste de considérer que ma connaissance musicale est plutôt étendue.  La mélodie m'intéresse peu, je sais seulement que là où il y a une voix qui sait fredonner je trouverai un être humain et c'est tout ce que je demande.  Je pourrai demander mon chemin.

Alors je m'approche à pas rapide de l'endroit d'où semble provenir ce son pour y trouver un jeune homme, un peu plus jeune que moi je crois, accroupi en train de travailler à je ne sais trop quoi.  Si j'étais supersticieux, je croirais qu'il s'occupe à quelques mauvaises actions avec son drôle d'allure, mais ici personne ne m'apparaît comme très normal alors j'en fais abstraction.  Je me râcle la gorge pour annoncer ma présence avant de demander avec un cruel manque d'assurance : « Euh… excusez-moi, est-ce que vous pourriez avoir l'amabilité de m'indiquer le chemin pour retourner au village?  Je me suis perdu. »

Au risque de paraître atrocement stupide, il n'y a pas vraiment d'autres options pour me sortir du pétrin dans lequel je me suis involontairement mis et en voyons combien il est assis confortablement là à vaquer à ses occupations, aussi étranges soient-elles, il me fait l'impression d'être plus au courant de tout que moi.

HS: Voilà, désolé pour l'attente, j'ai quelques ennuis à récupérer une connexion stable!  Si quelque chose cloche, tu me fais signe (:
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Re: Mastering puppet + Liam Wang

le Jeu 27 Oct - 5:32
Mastering puppet
We all are puppets, some just see the strings ••• Ses marionnettes étaient toute sa vie, finalement. Il ne pensait qu'à elles nuit et jour, et comme les journées étaient toutes plus ou moins stables, plus ou moins étranges ici, ce n'était pas si bizarre que cela. Il avait réussi à avoir sa place, sans ennui, trouvant de bons compromis pour demeurer seul et caché des yeux du monde. Il n'était pas du genre à rechercher la compagnie des autres, ni même la reconnaissance ou tout autre principe social. Non. Sören préférait se concentrer sur ses propres occupations, voilà tout.

Il était donc en train de bricoler une chevelure blonde et broussailleuse à sa poupée lorsqu'un inconnu vint le trouver. Il chantonnait sa mélodie, mais ne la termina pas, ses pupilles craintives se tournant très vite face à cet homme plus grand que lui - ce qui n'était clairement pas difficile. Tout de suite, le jeune homme chat rangea sa marionnette, l'enfouissant dans son sac en toile ; il ne connaissait pas cette personne en face de lui, pourquoi devrait-il lui faire confiance ? Il pourrait très bien s'être déguisé pour l'espionner et lui demander des informations pour ensuite courir auprès de la Reine de Cœur. Et Sören ne souhaitait pas particulièrement faire partie de ces problèmes.

« Je ne suis pas certain de pouvoir vous aider », déclara-t-il en quittant la pierre sur laquelle il s'était juché.

Dans un premier temps, il se contenta d'analyser cette personne de l'endroit où il se tenait, sans avoir l'envie de s'en approcher de plus près. Il fronça les sourcils, plissant les yeux pour mieux distinguer les traits de son visage et tenter de voir une faille là où il n'y en avait visiblement pas. A partir de là, le japano-danois fit un pas dans sa direction, histoire de pouvoir le sentir.

« Que venez-vous faire dans cet endroit ? Vous n'appartenez pas à cet environnement. »

Il en était à présent certain. Dans le cas contraire, le parfum de son interlocuteur ne serait pas celui qu'il possédait. Il aurait davantage de "nature" ancrée sur ses vêtements, son âme, dans son regard. Mais c'était donc ça, qui le chiffonnait le plus, à Sören. Il ne remarquait pas la moindre lueur particulière dans son regard. A vrai dire, il n'avait aucun mal à le regarder droit dans les yeux ; à l'inverse de la plupart des habitants de ce monde. L'évidence vint alors le frapper de plein fouet : cet homme n'appartenait ni à cet environnement, ni à Wonderland tout court.
Est-ce qu'il venait de débarquer ici ? Quelle folie l'avait pris pour s'éloigner du village, dans ce cas ? De nombreuses questions se précipitaient dans l'esprit du japonais, mais il ne lui en poserait pas une seule. Du moins, pas dans l'immédiat. En effet, il avait finalement opté pour venir près de ce nouveau visiteur et son regard se portait sur ses vêtements. Sans même s'en rendre compte, ses doigts se déposèrent sur la chemise en tissu et il fut surpris de cette qualité qu'il ne connaissait pas.

« J'accepte de vous aider à la seule et unique condition que vous me donniez un morceau de votre... habit. »

Cela pouvait paraître étrange, mais ce vêtement... Sören l'imaginait dores et déjà sur l'une de ses futures créations. Peut-être un pantalon, ou bien une robe pour une demoiselle. Les idées émergeaient dans son esprit tandis qu'il se reculait, tête penchée sur le côté, yeux perdus dans le vague, pour laisser son vis-à-vis prendre sa décision.

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Dernière édition par Katô Sören le Ven 11 Nov - 12:46, édité 1 fois
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Re: Mastering puppet + Liam Wang

le Jeu 3 Nov - 4:29
Bon, c'est bien ma chance, je suis tombé sur un des nombreux mystérieux de cet endroit...  Il vaut peut-être mieux que je cherche quelqu'un d'autre : j'ai l'impression qu'il va me demander quelque chose en échange et il m'a bien l'air de vouloir passer un marché avec le diable.  Pourtant, un simple regard à la ronde me confirme ce que je sais déjà être l'exacte vérité : je ne trouverai personne ici pour m'aider.  Je ne peux m'appuyer que sur cet étrange jeune homme.  Il y a quelque chose d'un peu animal dans son comportement.  Pas dans le sens d'une bête sauvage et féroce, non il ne me fait pas cette impression de danger, mais il reste que quelque chose est un peu moins humain chez lui.  Peut-être est-ce dans sa façon de se mouvoir : il est léger, presque trop léger pour être du commun des mortels.  Enfin, qu'est-ce que je n'ai pas encore rencontré d'étrange ici...

Lorsqu'il m'annonce ne pas faire partie de cette univers, je me dis que c'est bien la première chose sensée que j'aie entendue depuis mon arrivée ici.  Ce qui me plonge dans une foule d'interrogations qui me mènent à cette dernière conclusion : est-ce qu'il y a vraiment un sens à tout ce que je vais vivre dans cet endroit?  Je pourrais y songer encore plus longtemps, si mon interlocuteur ne m'avait pas rappelé à son existence en tâtant mes vêtements.  Je ne suis pas très habitués au contact physique, ça ne fait pas partie de ma culture et encore moins de mes habitudes donc.  J'ai un peu l'impression d'être envahi dans mon intimité, or je ne peux m'empêcher d'esquisser un mouvement de recul.

La condition de lui offrir un morceau de ton vêtement en échange de son aide me surprend et surtout je ne sais trop quoi en faire.  Il faut admettre qu'il s'agit d'une de mes chemises favorites, c'était Mei qui l'avait choisie pour moi et j'y tiens comme un genre de talisman qui me rappelle à elle.  De plus, ici je ne possède aucun autre habit que celui-ci et je n'ai pas trop envie de me retrouver errant nu dans cette contrée qui me stupéfie un peu plus chaque jour.  Ça me rappelle un conte d'un voyageur idiot, s'étant départi de ses vêtements pour tout le monde, puis de chacune des parties de son corps, peu à peu.  Quelle tristesse et un sort aussi malheureux me paraît presque une éventualité ici.  Enfin, il faudra me résigner, je le crois bien.  Je me demande par contre, un effet de la curiosité, qu'est-ce qu'il compte bien faire avec un petit bout de tissu comme ça.

« Je veux bien vous donner un petit morceau de cette chemise bien qu'il me coûte à l'abimer, mais je suis vraiment sans issue, » et surtout vraiment désespéré.  Tout me semble hostile, on dirait qu'il n'y a rien à faire pour me sortir de cette impasse.  Et même, je ne crois pas que ce soit particulièrement sage de faire  confiance à ce garçon, mais ce n'est pas comme si j'avais vraiment d'autre choix que de le faire.

« J'habite pas très loin de la tour là-bas. »

Peu importe où je vais, je peux toujours la voir cette haute tour.  C'est par là que je suis arrivé.  Au sommet.  C'est un homme qui est venu me chercher et qui m'a trouvé la cabane où je vis.  Apparemment, c'est un personnage important ici, même si on ne l'aime pas trop...  Je ne sais pas trop pourquoi, peut-être pour son côté taciturne et peu bavard.  Mais je crois que c'est plus profond que ça en vérité.  Enfin bref, tout cela pour dire tout simplement que peu importe où je vais, je peux toujours poser mon regard sur cette tour, mais rien en me garantit jamais que je puisse la retrouver.  Parfois on peut avancer des heures sans jamais même s'en rapprocher.  Wonderland est vraiment une contrée étrange.

« Par contre, personne ne touchera à mes vêtements avant que je ne sois arrivé à bon port, tout du moins au village, où je pourrai me retrouver facilement. »

Je ne suis pas bête non plus.  Je ne vais pas tout d'abord lui donner ce qu'il veut sans être certain de recevoir ma part du marché en échange.  Après tout, je ne connais pas ce garçon.
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Re: Mastering puppet + Liam Wang

le Ven 11 Nov - 13:13
Mastering puppet
We all are puppets, some just see the strings ••• Sören se rendit bien compte que son interlocuteur n'était pas très rassuré vis-à-vis de son atterrissage dans cet endroit qui lui semblait inconnu. L'Enfant-Chat s'était approché de lui, pourtant si sauvage d'ordinaire, afin de toucher ce tissu qui l'interpellait. C'était la première fois qu'il en voyant un de la sorte et ses doigts ne purent que, curieusement, l'attraper pour en saisir toute la qualité. Il en fut stupéfait, mais n'eut pas plus que cela le temps de s'extasier dessus puisque son interlocuteur recula un peu face à ses gestes.

Aussitôt, le brun reprit sa posture initiale, à quelques mètres du nouvel arrivant. Accroupi, les yeux levés vers lui, sa silhouette se dissimulait ainsi facilement peu importe où il se rendait - et il avait vite compris que cela était une véritable qualité. De l'époque de laquelle il venait, tout le monde se moquait de lui, ou le montrait du doigt dans son dos, racontant qu'il n'était que l'oeuvre du mal. Que la pauvre fille à qui on l'avait promis aurait bien du courage à vivre avec cet animal sauvage. Ah... s'ils avaient tous su ce qui s'était déroulé.

Néanmoins, Sören n'eut pas plus le loisir que cela de repenser à son passé et ça ne le dérangea pas le moins du monde. Maintenant qu'il vivait à Wonderland, peu lui importait le reste. La voix de son camarade lui parvint, acceptant de lui offrir un morceau de sa chemise à la condition que Sören l'aide à retourner au village. Le constructeur de marionnettes réfléchit quelques secondes avant de hocher le visage. Le troc lui paraissait tout à fait correct.

« Préparez-vous, le chemin risque d'être long pour quelqu'un d'inexpérimenté. »

Courbé, comme l'était sa posture naturelle, Sören s'engagea finalement à travers de hautes plantations de maïs. Voyant une certaine forme d'hésitation se lire sur le visage de l'étranger, il lui fit un petit signe de la main, histoire de lui montrer que, dans l'immédiat, il n'avait rien à craindre de cet endroit. En règle générale, il n'y avait rien à craindre... Mais si les fermiers avec qui Sören faisait affaire apercevaient cet homme qu'ils ne connaissaient pas, il n'imaginait pas les ennuis qu'il aurait. Pas lui, mais ce garçon qui se décidait à le suivre.

Ce fut en silence que le chemin débuta. L'immense tour de Wonderland bien en vue, ils progressaient dans cette direction sans savoir pourtant le nombre de kilomètres qui les séparaient du village. De temps à autre, l'Enfant-Chat jetait un coup d’œil en arrière pour voir si l'inconnu parvenait à le suivre à travers les champs. Un instant, il lui fit signe de se stopper et de venir s'agenouiller près de lui. Il était plutôt grand, cet homme. Était-ce un japonais ?

« Les fermiers, là-bas, ne vous connaissent pas. Il va falloir redoubler de prudence, surtout vous qui êtes grand. Vous n'êtes pas japonais ? » murmura-t-il en laissant son regard aux aguets.

Ils durent rester quelques minutes tapis là, dans l'ombre, tandis qu'un gros nuage noir montait au-dessus de leurs têtes. Sören fronça les sourcils, la pluie risquait de les surprendre dans leur aventure d'ici très peu de temps. Et ils devraient repartir plus vite encore, au moins pour se mettre à l'abri le temps de l'averse. Hors de question que ses marionnettes de bois se mouillent et pourrissent.

« Allez, vite ! » lâcha-t-il quand il jugea la voie libre.
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Re: Mastering puppet + Liam Wang

le Ven 18 Nov - 21:21
Je ne peux pas dire que j'apprécie particulièrement de me faire appeler «personne inexpérimentée», ça me donne l'impression qu'on me prend pour un flanc mou, pas très en forme physiquement parlant, mais d'un autre côté je ne peux qu'acquiescer muettement à cette affirmation : je suis effectivement inexpérimenté, je ne comprends toujours rien à ce pays particulièrement farfelu où tout est inattendu. Néanmoins, je suis un peu surpris : en quoi le chemin pourrait être long? Je suis arrivé ici en quelques minutes. Enfin, c'est l'impression que cela me fait. Lorsque l'inconnu se met en marche, je me dis qu'il a décidé de m'abandonner là, tout simplement, sans plus de cérémonie. Bon eh bien tant pis, je vais faire par moi-même. En même temps, il semblerait que je n'ai pas trop le choix non plus... Toutefois, un signe de la main vient contredire ma déduction : cet homme veut bien m'aider. J'ai un léger regret pour cette chemise que je vais devoir mutiler, mais il faut ce qu'il faut et une promesse est une promesse. J'ai déjà assez perdu la face comme ça pour revenir sur ma parole. D'autant que maintenant, c'est moi qui suis en position de désavantage. Je suis donc alors mon guide en silence. Lui non plus ne parle pas. Je suppose qu'il est plutôt du genre silencieux.

Il y a longtemps que je n'ai pas marché dans les champs, cela remonte à mon adoption et ma vie avant Shanghai, mais je n'ai pas complètement perdu le pied. Malgré mon manque de forme depuis l'époque, j'arrive à tenir le rythme de la progression sans trop de soucis. Je n'ai plus le pied aussi léger, mais c'était à prévoir, après tant d'années. De plus j'étais enfant à l'époque, or les choses ont forcément changé depuis. Je suis plus gros, plus grand. Plus grand que mon guide d'ailleurs, mais moins agile, ce qui ne me laisse pas dans le confort que dans le cas où il déciderait de m'emmener dans un coin obscur je m'en sortirais sans ennuis. C'est pour ça que je me plie à chacune de ses consignes sans protester un seul instant et je m'agenouille près de lui. Oh. Les fermiers. Pour le peu d'entre eux avec qui j'ai échangé jusqu'à présent, aucun ne me semble particulièrement dangereux et prompt à la violence, mais après tout, qu'est-ce que je sais d'eux? S'il croit qu'il y a quelque danger, il vaut mieux que je m'en remette à son jugement.

« Je ne suis pas particulièrement grand... et je ne suis pas Japonais, je suis Chinois... »

Bien que les soucis entre le Japon et la Chine ne soient plus aussi important qu'autrefois, une part de moi n'aime pas particulièrement les Japonais. Dans l'histoire, ils n'ont pas particulièrement été sympathiques avec mon peuple. Enfin, j'en déduis que lui, il l'est et je trouve cela fort ironique de remettre mon sort entre les mains d'un Japonais. On ne comprend jamais entièrement l'ironie du sort.

Au moment où il m'incite à reprendre la route, un lourd coup de tonnerre se fait entendre. Il faisait si beau et clair il y a quelques instants que je me remets difficilement de la surprise et trébuche un peu, avant de tomber un genou en terre. J'ai dû heurter un caillou ou quelque chose comme ça car je ressens une douleur aiguë me transpercer. Est-ce du sang que je vois goutter en même temps que les gouttes de pluie commencent à déferler? Je me relève tant bien que mal, mais on ne s'en sortira pas aussi facilement. Le juron qui a traversé mes lèvres lors de ma chute a attiré l'attention des fermiers, eux aussi surpris par la pluie. Et puis merde, ce n'est vraiment pas ma journée.

J'essaie de repérer mon guide, mais déjà je ne le vois plus. La pluie est lourde et ne cesse de tomber. Je me réoriente dans la direction où nous devions aller à la base et j'avance rapidement, dans une course boitillante pour essayer d'échapper aux habitants, en espérant que la pluie les incitera à ne pas essayer de me suivre. Mais j'entends derrière moi les bruits de pas qui collent dans la boue... Et l'idée me vient que mon "sauveur" pourrait bien décider de m'abandonner là.

Désolée pour l'attente, mon ordi a rendu l'âme et du coup j'utilise celui de mon copain et j'ai pas de traitement de texte dessus TT
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Re: Mastering puppet + Liam Wang

le Dim 11 Déc - 7:54
Mastering puppet
We all are puppets, some just see the strings ••• Courir dans les champs, c'était ce que savait faire de mieux Sören. Il le faisait depuis sa naissance, enfin, presque. Depuis qu'il savait marcher, il n'avait jamais hésité à se rendre partout où il le pouvait. Il n'était pas du genre à être effrayé, surtout pas de la nature. Il était un enfant sauvage qui avait toujours préféré les animaux et les végétaux aux relations humaines. Il trouvait d'ailleurs celles-ci dénuées de tout sens, hypocrites et trop complexes. A l'inverse, il se sentait en communion avec les bêtes et les plantes, appréciant les voir s'agiter autour de lui, les accepter avec bien plus de facilité que tout le reste de l'humanité. Mais, néanmoins, Sören avait eu plus ou moins de chance de naître à l'époque d'Edo plutôt que dans une époque où la technologie aurait démoli la nature.

Tandis qu'ils progressaient dans les champs, faisant de leur mieux pour ne pas se faire repérer par les paysans, Sören continuait d'imaginer ce qu'il pourrait faire de majestueux avec le morceau de tissu que voudrait bien lui céder son compagnon d'infortune une fois leur épopée terminée. Quand il regardait derrière lui, pour le voir avancer à sa suite, il pensa alors à créer une poupée, l'une de ses marionnettes, à son effigie. Oui, l'Enfant-Chat appréciait fabriquer ses amies de bois en ayant un modèle en tête. C'était une sorte de petite collection de ses relations humaines, mais en bien moins encombrantes que les réelles.

Forcés à se stopper à cause des fermiers que le plus petit venait de repérer, il ne put se retenir de demander à son interlocuteur de quelle origine il était. Un chinois, donc, pas très grand finalement, mais plus que lui ne l'était avec son mètre cinquante-cinq à tout casser. Néanmoins, pour Sören, cela ne lui importait que peu de savoir l'origine d'une personne puisqu'il ne faisait pas de différence ; il aurait très bien pu être même russe que Sören l'aurait aidé si son vêtement l'aurait interpellé. Quoiqu'il en soit, les deux hommes demeurèrent cachés un instant puis, dès que le japonais pensa être le bon moment, ils tentèrent de reprendre leur route.

Malheureusement, le nuage qu'il avait repéré avait du être bien plus près qu'il ne l'avait cru. Un coup de tonnerre les surprirent et, sur cette surprise, l'Enfant-Chat accéléra le pas, sans plus se préoccuper de son interlocuteur. Il serrait son sac en toile près de son corps, tentent au maximum que les marionnettes qu'il renfermait ne soient pas mouillées. La pluie tombait en trombe et Sören visa un arbre sous lequel s'abriter.

« Mes pauvres marionnettes, mes pauvres marionnettes... » ne cessait-il de se répéter en les sortant pour vérifier leur état.

Par chance, elles ne semblaient pas en trop mauvais état. Sören s'attela donc à grimper sur les premières branches pour les y étendre, à l'abri, se rappelant alors de la présence du chinois. Il scruta l'étendue en-dessous de lui, se demandant s'il n'avait pas semé cet homme. Non, il ne pouvait pas le perdre ! Pas perdre ce magnifique tissu...

Aussitôt, il sauta en bas de l'arbre pour s'engouffrer sans ciller sous l'épais rideau de pluie dont il n'était plus à l'abri. Mais cela ne le gênait plus maintenant que ses précieuses compagnes étaient au sec. Il reviendrait les chercher plus tard, ce n'était pas grave. Maintenant, il devait se concentrer sur le nouvel arrivant et se fut en se faufilant à travers les récoltes qu'il aperçut son précédent camarade. Malheureusement, il était pourchassé par deux fermiers qui devaient probablement lui hurler de déguerpir de leur terre. Sören ne réfléchit pas avant de se remettre à courir afin de rejoindre au plus vite le chinois.

« Par-là, par-là ! »

Il venait de tirer sur la manche du vagabond pour l'entraîner avec lui à l'arrière d'une petite cabane en bois à quelques mètres de là. En l'emmenant avec lui, il ne s'était pas aperçu de sa blessure. Ce ne fut que lorsqu'ils restèrent silencieux, cachés derrière la cabane, que Sören vit le pantalon déchiré de son vis-à-vis.

« Est-ce que vous allez bien ? » cria-t-il à moitié à travers le temps déchaîné de Wonderland.

Il ne fallait plus qu'espérer que les fermiers ne viennent pas les chercher là-derrière et que le temps redevienne plus clément avec eux...
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Spoiler:
Je suis affreusement désolée pour le retard que j'ai mis à te répondre...   je ferais de mon mieux pour que ça ne se reproduise pas !
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Re: Mastering puppet + Liam Wang

le Mer 14 Déc - 1:04
Les hommes sont toujours derrière moi, mais leur chasse ne semble pas être très sérieuse.  En vérité, on dirait simplement que l'idée est de m'éloigner le plus loin possible.  Enfin, j'essaie de m'en convaincre.  Il y a quelque chose d'inquiétant à propos de cet endroit qui me donne froid dans le dos à dire vrai.  Je cherche tant bien que mal du regard mon guide, mais je ne le retrouve pas.  Comme quoi ce morceau de tissu ne lui tient pas particulièrement à coeur non plus au final.  Mon objectif prend alors une toute autre direction : avant de chercher à rentrer, je dois d'abord trouver un endroit où me mettre à l'abri le temps que l'averse ne se calme.  Je ne suis pas ici depuis longtemps, mais j'en sais assez pour savoir que ça peut attendre... des heures ou bien quelques minutes.  J'ose espérer que ce sera fini au plus vite.  Je commence à être fatigué et surtout à avoir faim.  Je ne me risquerai pas à essayer d'aller voler un ou deux concombres à ces fermiers.  D'abord parce que c'est malhonnête, ensuite parce qu'ils essaieraient sûrement d'avoir ma peau...

Alors que je ne m'y attendais plus, le jeune homme aux manières félines surgit brusquement devant moi, m'entraînant dans une autre direction que celle que j'avais d'abord prise.  Je voulais me diriger vers les bois qui se situaient devant nous. Le dense feuillage des arbres devraient pouvoir nous protéger des intempéries du temps, ou en tout cas au moins partiellement.  Avec cette grosse pluie, ça ne me surprendrait pas qu'une petite partie ne se faufile entre les branches ici et là.  Pourtant, il m'entraîne plutôt derrière une cabane en bois, toute petite.  J'aurais cru qu'on entrerait à l'intérieur, mais il se contente de se planquer derrière.  Le rebord du toit nous protège un peu contre la pluie, mais je sens qu'on sera vite trempés à ce rythme.

Sur ces réflexions, il me rappelle à ma blessure.  Ça ne semble pas être trop sérieux, je ne ressens plus la moindre douleur et le sang ne coule plus aussi abondamment.  J'ai malgré tout peur que la plaie ne s'infecte si on ne fait rien.  Je hausse timidement les épaules : « Ce n'est pas très grave, ça guérira rapidement. »  Malgré tout, je tire de ma poche un mouchoir de tissu : j'ai pris l'habitude de toujours en avoir un avec moi à Shanghai, c'était ma mère, enfin ma mère adoptive, qui me les préparait toujours quand j'étais plus jeune et quand j'ai quitté la maison familiale pour fonder ma propre famille, je n'ai pas changée cette habitude.  Enfin, je me dépêche de nouer ce bout de tissu autour de mon genou : ça va empêcher les saletés de s'accumuler sur la plaie en attendant que je puisse la désinfecter correctement.  Je remarque alors que mon camarade n'a plus ce sac qui portait avec beaucoup de soins et d'attention tout à l'heure.  L'idée me vient qu'il l'a peut-être perdu en venant me chercher.

« Votre sac!  Vite, il faut aller le chercher!  Il va être détrempé si on ne fait rien! »

Je ne sais pas pourquoi je m'alarme autant pour un bien qui n'est pas le mien, d'autant que je n'ai pas vraiment idée de ce qu'il cache à l'intérieur, mais je suis inquiet à l'idée qu'il aie perdu ses choses à cause de moi.  Et j'ai un peu peur qu'en compensation il me demande l'entièreté de ma veste.  Je me lève d'un bond : ce n'était pas une très bonne idée, comme le rebord de la cabane est plutôt bas je me cogne la tête.  Toutefois, ça me permet de voir que les fermiers sont sur le point d'arriver dans les parages alors je m'accroupis rapidement en me frottant la tête.

« Eh merde, il y a trop longtemps que je n'ai pas couru dans un champ, j'ai perdu la main... » marmonné-je avant de faire signe à l'autre homme de bien se terrer et d'être silencieux.  Je m'applique à prononcer silencieusement : ils approchent.

Le danger est toutefois rapidement passé puisque je les entends dire distinctement de laisser tomber, qu'on est sûrement déjà parti.  J'appuie mon dos contre la parois de la cabane et pousse un soupir.  « Ça sera pas une mince affaire que de retrouver vos effets, monsieur...? » Je ne sais pas trop comment appelé cet homme.  J'ai l'impression qu'il est plus jeune que moi, mais je pourrais bien me tromper.
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Re: Mastering puppet + Liam Wang

le Mer 21 Déc - 13:10
Mastering puppet
We all are puppets, some just see the strings ••• Le morceau de tissu qu'extraya le chinois de la poche de son vêtement ne passa pas inaperçu aux yeux du petit japonais. De combien de si belles étoffes disposaient le jeune homme à ses côtés ? En possédait-il davantage chez lui ? Lui en offrirait-il une lorsqu'il l'aurait aidé à sortir de cet endroit ? Une autre, en plus du morceau de sa chemise qu'il lui avait promise, bien entendu. Il n'y avait que ça qui passait dans les idées de Sören, le déconcentrant presque de sa première tâche, encore une fois. Ce ne fut que lorsque son compagnon d'infortune hurla presque d'aller chercher son sac qu'il revint à lui.

D'un bref mouvement de la tête, il lui assura que ce n'était pas la peine.

« Merci de penser à mes marionnettes, mais je les ai mise en sécurité, bien haut dans un arbre... »

Il n'en dirait pas plus, après tout, qui était sûr des intentions de l'autre - surtout quand on ne le connaissait pas ? Non, vraiment, il n'y avait plus de risques pour ses poupées qui reposaient dans une branche, bien au sec. C'étaient les seules choses auxquelles il prêtait le plus d'attention alors c'était mal le connaître que d'imaginer une seconde qu'il se préoccuperait de lui avant d'elles. Elles étaient en sécurité et l'Enfant-Chat reviendrait les récupérer plus tard, quand le temps serait plus clément... et qu'il aurait de quoi recouvrir le corps de celle dont il était occupé avant de tomber sur cet inconnu.

Sören s'accroupit en même temps que ce dernier qui se frottait la tête. Il devrait faire plus attention à lui, sinon il risquait de ne pas tenir bien longtemps, ici, à Wonderland. Sören aimait cet endroit, ce pays déconnecté de tout le reste. Pour lui, c'était comme une seconde chance à laquelle on lui avait donné accès sans pour autant qu'il ne sache pour quelle raison. Il courait où bon lui sembler, vivait sa vie telle qu'il l'avait toujours entendu, finalement. Pour rien au monde il ne voudrait repartir d'où il venait. Néanmoins, il savait aussi le danger qui régnait à Wonderland. Il fallait faire attention, se cacher et ne pas faire trop de vagues afin de ne réveiller aucun soupçon.

« Vous devriez vous inquiéter pour vous, plutôt que pour nous, répondit-il à son vis-à-vis. Je m'appelle... Sören. »

Dans son esprit, il revoyait le visage de ses parents, de cette famille abandonnée loin derrière lui sans remord aucun, lui dire pourtant de retourner la question. C'était comme cela que ça fonctionnait, dans une relation amicale entre deux humains. Mais pour ça le japonais n'était pas très doué et il eut du mal à retourner la question au chinois. Il savait déjà sa nationalité, avait-il besoin d'en apprendre davantage ? Au cas où... Cela pouvait toujours servir.

« Quel est le vôtre, de nom ? »

Il penchait la tête à travers la pluie afin de voir où ils devaient se diriger désormais. Apparemment le ciel semblait se calmer ; ce n'était qu'une lourde averse qui avait tout détrempée sur son chemin. L'Enfant-Chat cherchait la tour de l'Horloge du regard, quelques secondes, avant de repérer son cloché. S'assurant que son camarade pourrait le suivre un minimum, il lui désigna la route du doigt avant d'y aller.

Ils marchaient plus lentement qu'auparavant, mais ce n'était pas grave, le temps était divergeant, le vent soufflait et un terrible coup de tonnerre ne manqua pas de faire bondir Sören. D'instinct, il se baissa, se retrouvant à quatre pattes dans le champs, feulant presque comme un animal apeuré. Et puis, tout à coup, le ciel s'éclaircit pour laisser place à un soleil qui réchauffait tout doucement le monde. Le japonais leva ses yeux vers son interlocuteur.

« Je n'aime pas le tonnerre, s'exprima-t-il d'une voix rauque avant de se remettre debout. Hâtons-nous avant que les fermiers ne reviennent. »

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Re: Mastering puppet + Liam Wang

le Dim 1 Jan - 4:41
Vraiment, ce garçon est un curieux personnage, mais je dois avouer qu'il commence à me plaire et à m'intriguer.  Bien qu'il me semble que lui aussi ne soit pas originaire de cette contrée étrange, il paraît s'y être complètement adapter sans aucun soucis.  Il est étrange, il ne semble pas trop à l'aise avec les relations sociales et ça me fait un peu penser à moi-même quand j'étais encore ce jeune garçon effarouché qu'on avait arraché de sa campagne montagnarde natale pour le jeter dans cette grosse ville tourbillonnante et bruyante qu'était Shanghai.  À la différence que lui n'avait apparemment jamais eu l'occasion de pouvoir développer ses compétences sociales.  Ce qui en soit n'était pas nécessairement un mal non plus après tout.  Du moins, je ne le crois pas, pas en voyant ce jeune homme.  Il ne semble pas le moindre du monde malheureux de sa situation.  Je ne peux  toutefois pas empêcher un sourire quand il me retourne la question : il n'est pas aussi sauvage qu'on aurait pu le croire.  Je réponds donc alors que je m'appelle Liam.  Inutile de préciser qu'en vérité mon prénom est Lian, mais que j'ai changé celui-ci pour lui donner un meilleur son dans le monde entier en tant que pianiste de renommée.  Puis, je garde mon véritable prénom pour les êtres qui me sont extrêmement chers.  Ainsi, il y a vraiment longtemps que personne ne m'a plus appelé ainsi puisque depuis l'accident je refusais pratiquement tous les coups de téléphone de ma famille adoptive et je me suis enfermé à la maison où je ne voyais personne, ma seule sortie se limitant à une visite à l'hôpital pour cette jeune fille, une toute petite adolescente à peine, que ma femme avait sauvée en sacrifiant sa vie.  Je regrette un peu mon comportement.  Ce n'est pas que ce Li yan aurait voulu que je fasse.  Mais il ne sert à rien de s'attarder sur le passé, il ne reviendra pas.  Tout ce que je peux faire, c'est faire de mon mieux pour améliorer le futur.

Malgré la pluie, monde guide reprend sa route et comme de raison, celle-ci cesse de tomber, laissant dans son sillage une longue pataugeoire de boue.  Naturellement, ces conditions ralentissent notre progression, mais au moins on avance toujours.  Pour ma part, il ne me sera jamais possible de m'habituer à un temps aussi changeant que celui de Wonderland.  Le vent souffle assez durement et je sens que mes joues sont de plus en plus rouges.  Prendre un peu d'air ne me fait vraiment pas de mal et c'est curieux, mais ça me rappelle mon enfance au Gaomi, quoique ce temps n'aie rien à voir avec ce qu'on peut voir par chez moi.  C'est plutôt cette improbabilité, ce sentiment d'aventure qui me rappellent mes jeux d'enfants près de la maison que nous habitions tous.  Même si je garde très peu de souvenirs de cette vie, il me semble que c'était une douce partie de mon existence.

Chance ou malchance, je ne peux pas rêvasser très longtemps à mes souvenirs d'enfance dont je suis tiré par le son vibrant d'un énorme coup de tonnerre, qui semble d'ailleurs marquer la fin de la pluie et du mauvais temps.  Enfin, ça ne semble pas rassurer celui qui me sert de guide et se terre en boule devant moi, l'air effarouché.  Il me fait de plus en plus penser à un félin.  Je n'ai jamais élevé de chat, mais sur certains points, il en a tout l'air.  C'est un peu mignon à dire vrai.
Je ne fais pas de commentaires en ce qui concerne sa crainte du tonnerre, j'avais la même quand j'étais petit et je me réfugiais dans les bras de ma grande sœur lorsque j'avais trop peur.  On ne peut pas se guérir de toutes ses peurs.

« Oui, je ne crois pas qu'ils seraient bons qu'ils nous trouvent encore ici quand ils reviendront. »  Il est certes inutile que je dise ce qui est l'évidence même, mais j'ai l'impression d'être à court de mots pour exprimer ce qu'il faudrait.  Peut-être que je manque d'idées.  Malgré tout, la boue est glissante et même si le soleil nous réchauffe confortable et finira bien par faire tout sécher bien rapidement, et la progression est toujours assez restreinte pour tout dire.  Et le soleil commence à taper dur.  C'est en de pareil moment que j'aimerais pouvoir porter des vêtements clairs, mais il n'est pas question de cela. Enfin, il faudra probablement revoir bientôt ma garde-robe, parce qu'en ayant promis d'offrir un morceau de ma chemise à cet homme, je doute que je puisse à nouveau la porter…  Vraiment, c'est du gâchis, mais il vaut mieux ça à rester éternellement perdu.

Rester en silence me paraît un peu étrange, alors je me décide à entamer un peu la conversation.  J'ai bien senti que mon guide n'est pas du genre particulièrement bavard, mais ça ne me coûte rien de plus qu'un peu de salive que d'essayer après tout.

« Vous n'êtes pas d'ici non plus si je comprends bien.  Ça fait longtemps que vous êtes à Wonderland?  Vous devez bien connaître l'endroit pour laisser votre paquet à un point quelconque comme ça, » dis-je sur un ton badin.  Je ne suis pas particulièrement doué pour initier les conversations, mais je crois que mon compagnon l'est encore moins que moi alors je sens que l'effort repose donc sur mes épaules.  Après un instant de réflexion j'ajoute : « Puis-je demander ce que vous comptez faire du morceau de ma chemise par après?  Enfin, pas que ça me regarde particulièrement en fait, mais simple curiosité, si vous n'avez pas envie de répondre ne vous donnez pas la peine. »  Il me semble qu'il y a fort longtemps que je n'ai pas parlé aussi longtemps, j'ai l'impression d'avoir la gorge un peu enrouée.
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